La protection auditive pour musiciens n'est pas arrivée par hasard. Elle a été construite par un petit nombre de personnes qui, souvent après avoir abîmé leur propre audition, ont décidé d'agir. Dans cette série de trois blogs, on vous emmène à la rencontre des noms et des lieux les plus importants de cette histoire, des premiers pionniers en Angleterre et en Amérique, en passant par les racines universitaires aux Pays-Bas, jusqu'à là où Earproof se situe aujourd'hui.
L'un des noms les plus importants dans cette histoire est Andy Shiach. Il s'est abîmé l'ouïe dans les années soixante-dix, dans un studio, et ça a mis un terme brutal à sa carrière musicale. Plutôt que d'accepter ça, il s'est reconverti en audiologiste et a fondé Advanced Communication Solutions (ACS) en Angleterre, avec un seul objectif : épargner aux autres musiciens ce qui lui était arrivé. Avec son collègue Robert Beiny, il était l'un des deux seuls audiologistes britanniques des années quatre-vingt-dix à se concentrer spécifiquement sur le monitoring in-ear, et leur travail de développement et de sensibilisation a jeté les bases de la façon dont les musiciens se produisent sur scène aujourd'hui.
À la même époque, en avril 1995, Beiny et Andy ont rencontré l'audiologiste américain Michael Santucci, fondateur de Sensaphonics, à Dallas. Depuis Chicago, Santucci a construit l'une des entreprises leaders en protection auditive et monitoring in-ear pour musiciens, et a passé des décennies à travailler avec des artistes et des ingénieurs du son pour protéger leur audition sans sacrifier la qualité sonore. Lisa Tannenbaum, propriétaire de Musician's Hearing Services à Chicago et en Californie, était aussi à cette réunion à Dallas. Ça a marqué le moment où un petit réseau mondial d'audiologistes se sont retrouvés dans la même mission : sensibiliser les musiciens aux risques, et leur donner une protection qui ne gêne pas la musique.
Deux autres noms appartiennent à cette histoire. Mead Killion et son entreprise Etymotic Research ont lancé les bouchons d'oreilles ER15 pour musiciens, basés sur un design de son mentor, l'ingénieur Elmer Carlson. Killion a renversé l'hypothèse courante de l'époque, selon laquelle plus d'atténuation est toujours mieux, et a introduit une atténuation modérée qui préserve la qualité sonore. Cette approche est devenue la base des bouchons d'oreilles sur mesure pour musiciens qui ont protégé des centaines de milliers de musiciens depuis leur introduction en 1988. Marshall Chasin, des Musicians' Clinics of Canada, faisait aussi partie de ce petit réseau mondial.
Un mouvement similaire a grandi sur le continent européen. En Allemagne, Eckhard Beste était la force motrice. En tant que directeur général de Hearsafe, il s'est concentré spécifiquement sur la protection auditive professionnelle et les applications in-ear pour les gens du monde de la musique, des musiciens et professeurs de musique aux festivaliers lors d'événements comme Wacken. Comme ses collègues en Angleterre et aux États-Unis, il a travaillé sur la sensibilisation et la prévention, à une époque où la protection auditive artisanale et non professionnelle était la règle plutôt que l'exception.
Donc dans les années quatre-vingt-dix, répartis entre l'Angleterre, les États-Unis, le Canada et l'Allemagne, un petit mais international réseau d'audiologistes et de spécialistes s'est développé, dont chacun comprenait que l'ouïe ne peut pas être remplacée. Dans la prochaine partie de cette série, on vous emmène aux Pays-Bas, où la même mission a pris sa propre forme, universitaire.
Peter


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En mémoire d'Andy Shiach
L'histoire de la protection auditive pour les musiciens (partie 2 sur 3) : les racines néerlandaises et universitaires